Le retard de paiement du loyer constitue l’une des problématiques majeures des relations locatives en République Démocratique du Congo. Dans un contexte économique instable, où le revenu moyen des ménages est parfois fluctuant et où la crise du logement accentue la tension entre bailleurs et locataires, ce phénomène peut rapidement dégénérer en litiges complexes et coûteux. Naturellement, votre premier réflexe est de rechercher la sécurité juridique, que vous soyez propriétaire ou occupant. Les conséquences vont au-delà des aspects financiers : elles engendrent des tensions sociales, affectent la stabilité du foyer et peuvent mener à des procédures de déguerpissement traumatisantes.
Face à ces enjeux, la législation congolaise, notamment la loi n° 15/025 du 31 décembre 2015 sur les baux à loyer non professionnels, offre un cadre précis. Un avocat spécialisé en droit immobilier est le mieux placé pour vous orienter et protéger vos intérêts.
Le loyer constitue l’obligation principale du locataire : il est la contrepartie de la jouissance du logement. En RDC, le contrat de bail est un acte sérieux qui lie les deux parties dès sa signature.
Le retard survient dès le lendemain de la date d’échéance prévue au contrat. La loi n° 15/025 fixe les piliers suivants :
Article 21 : Le loyer est fixé librement par les parties mais doit impérativement être payé en monnaie ayant cours légal (Franc Congolais), bien que l’indexation sur le dollar soit une pratique courante tolérée sous certaines conditions.
Article 22 : Le bailleur a l’interdiction formelle d’exiger le paiement anticipatif du loyer.
Le retard ponctuel : Un décalage de quelques jours, souvent résolu par une communication de bonne foi.
L’impayé persistant : À partir de trois mois de non-paiement, la loi bascule dans un régime de protection renforcée pour le bailleur.
Même sans contrat écrit (bail verbal), le locataire n’est pas dans un vide juridique, mais ses droits et obligations restent strictes :
Le locataire doit verser le loyer aux échéances convenues (espèces contre quittance, virement ou mobile money). Le silence face à une dette est interprété comme de la mauvaise foi.
Le locataire a le droit de :
Le bailleur dispose d’un éventail de moyens pour réagir, mais il doit suivre une gradation stricte pour éviter que la procédure ne se retourne contre lui.
Il est toujours conseillé de commencer par un rappel verbal, suivi d’une lettre de relance. La négociation d’un échéancier peut sauver la relation locative.
C’est l’acte juridique qui « allume la mèche ». Elle doit être faite par écrit (lettre recommandée ou exploit d’huissier). Elle accorde généralement un dernier délai de 8 à 15 jours pour régulariser les arriérés.
C’est l’arme fatale du droit congolais : le bail est résilié de plein droit en cas de non-paiement de trois mois de loyer consécutifs. Le bailleur peut alors solliciter le déguerpissement.
Si le conflit s’installe, voici le parcours légal à suivre en RDC :
Le bailleur présente le contrat et l’absence de quittances correspondantes. La preuve du paiement incombe toujours au locataire.
À Kinshasa, l’arrêté SC/0182/BGV/IR/CM/99 permet au service de l’habitat d’intervenir pour constater le litige.
Le juge peut ordonner :
Le paiement des arriérés sous astreinte.
La résiliation du bail et l’expulsion (déguerpissement).
L’attribution de dommages et intérêts pour le préjudice subi.
Le juge congolais n’est pas un automate. Il utilise son pouvoir d’appréciation pour distinguer le « locataire malchanceux » du « locataire de mauvaise foi ».
La primauté de la bonne foi : Un locataire qui a payé régulièrement pendant 5 ans et qui subit un revers de fortune obtiendra plus facilement des délais qu’un locataire arrivé récemment et déjà en impayé.
L’état du bien : Si le locataire prouve que le bailleur n’a pas effectué les grosses réparations (toiture, sanitaires) rendant le logement insalubre, il peut parfois invoquer l’exception d’inexécution pour justifier une rétention partielle du loyer (sous contrôle judiciaire).
Comment réagir en cas de retard de paiement ?
La réaction face à un retard de paiement doit être adaptée selon qu’on est bailleur ou locataire.
- Anticiper : informer le bailleur avant l’échéance en cas de difficulté ;
- Négocier un délai raisonnable ou un échéancier ;
- Fournir des preuves de bonne foi (justificatifs de salaire, attestations, etc.).
- Éviter les réactions impulsives et privilégier le dialogue ;
- Formaliser les relances (lettre, e-mail, SMS sauvegardé) ;
- Si le problème persiste, consulter un avocat pour engager les procédures adaptées.
Face à la complexité des textes et à la lenteur parfois décourageante des procédures, l’assistance d’un avocat est indispensable.
Conseil stratégique : Doit-on négocier ou assigner immédiatement ? L’avocat évalue la solvabilité du locataire.
Rédaction d’actes : Une mise en demeure mal rédigée peut être frappée de nullité, faisant perdre des mois de procédure.
Sécurisation : L’avocat s’assure que le déguerpissement respecte les droits de l’homme pour éviter toute plainte ultérieure.
Recouvrement : Il met en œuvre les mesures d’exécution pour que le jugement se transforme en argent réel sur votre compte.
Le retard de paiement du loyer n’est pas une fatalité. La loi congolaise prévoit des mécanismes équilibrés permettant aux bailleurs de protéger leurs intérêts et aux locataires de faire valoir leur bonne foi. En combinant une bonne connaissance des textes, des pratiques contractuelles claires et un dialogue permanent, il est possible de prévenir la plupart des litiges. Toutefois, en cas de blocage, le recours à la justice et à l’assistance d’un avocat demeure indispensable pour garantir le respect du droit de chacun.
La garantie locative peut-elle servir à payer le dernier mois ?
Non, sauf accord écrit du bailleur. Elle sert à couvrir les dégâts locatifs (Art. 18).
Quel est le montant maximum de la garantie ?
3 mois pour un usage résidentiel, 6 mois pour un usage socioculturel.
Peut-on être expulsé pendant la nuit ?
Non, les expulsions doivent se faire aux heures légales et en présence d’un officier ministériel.
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✍️ Auteur : Bertrand Tabasenge – Legal Content, Équipe Avocats.cd
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