Le Code du numérique n'impose pas une autorisation préalable à toutes les activités numériques.
Il réserve ce régime aux activités considérées comme particulièrement sensibles, soit en raison de leur importance économique, soit en raison des risques qu'elles présentent pour la sécurité numérique, la continuité des services ou la confiance des utilisateurs.
Les articles 15 et 16 constituent donc le premier niveau de contrôle administratif du secteur numérique.
Depuis mars 2026, ces dispositions sont complétées par l'Arrêté ministériel n°004/2026 du 11 mars 2026, qui fixe les conditions, les modalités d'instruction des demandes et les obligations des titulaires d'une autorisation.
Sont soumis au régime d’autorisation :
Un Décret du Premier Ministre délibéré en Conseil des Ministres complète, sur proposition du Ministre ayant le numérique dans ses attributions, la liste des activités et services numériques soumis au régime d’autorisation, l’Autorité de Régulation du Numérique et l’Autorité Nationale de Certification Électronique entendues par avis écrit.
L’autorisation est délivrée par le Ministre ayant le numérique dans ses attributions après avis écrit de l’Autorité de Régulation du Numérique, de l’Autorité Nationale de Certification Électronique ou de l’Agence Nationale de Cybersécurité, selon les cas.
Toutes les entreprises numériques ne sont pas soumises à une autorisation.
En revanche, une entreprise qui :
Doit vérifier si elle relève du régime prévu par l'article 15.
L'autorisation constitue un préalable légal à l'exercice de ces activités.
L'arrêté ministériel du 11 mars 2026 précise notamment :
Le régime d'autorisation est une mesure de police administrative spéciale.
L'activité concernée ne peut être exercée qu'après une décision favorable de l'autorité compétente.
Le législateur poursuit plusieurs objectifs :
Le Code fixe les principes.
L'Arrêté ministériel n°004/2026 organise leur mise en œuvre pratique en précisant :
Ce que dit la loi :
Ce que précisent les textes réglementaires :
Les modalités procédurales d'obtention de cette autorisation.
Les catégories retenues par l'article 15 correspondent à des infrastructures ou services dont la défaillance pourrait avoir un impact important.
Il s'agit d'une infrastructure hébergeant des serveurs, des équipements réseau et des systèmes de stockage destinés à assurer la disponibilité des services numériques.
L'hébergeur met à disposition l'infrastructure permettant à une application d'être accessible aux utilisateurs.
Cette notion vise des services dont l'interruption pourrait affecter de manière significative des activités économiques, administratives ou sociales.
Une plateforme est susceptible d'être qualifiée de dominante lorsqu'elle exerce une influence majeure sur un marché donné, notamment en raison de son nombre d'utilisateurs ou de son pouvoir économique. La qualification exacte dépendra des critères retenus par le droit applicable.
Une société souhaite construire un centre de données à Kinshasa afin d'héberger les applications de plusieurs banques congolaises.
Peut-elle commencer les travaux et proposer ses services immédiatement après son immatriculation ?
L'article 15 classe les opérateurs construisant des centres de données parmi les activités soumises au régime d'autorisation. L'entreprise devra donc accomplir les formalités prévues par le Code et par l'Arrêté ministériel n°004/2026 avant d'exercer l'activité concernée.
L'entreprise devrait notamment :
Ces dispositions concernent principalement :
Mettre en place les exigences de sécurité attendues pour l'activité exercée.
Les articles 15 et 16 ne détaillent pas eux-mêmes toutes les sanctions.
Toutefois, l'Arrêté ministériel n°004/2026 prévoit notamment :
Il convient de distinguer les sanctions prévues par cet arrêté de celles qui seront examinées ultérieurement dans le Code lui-même.
Le régime d'autorisation constitue un outil classique de régulation des secteurs stratégiques.
Il présente plusieurs avantages :
Il soulève néanmoins plusieurs défis :
L'adoption des arrêtés ministériels du 11 mars 2026 marque une étape importante dans l'opérationnalisation du Code en donnant un contenu concret à ce régime d'autorisation.
Que prévoient les articles ?
Ils identifient les activités soumises à autorisation préalable et renvoient aux textes réglementaires pour leur mise en œuvre.
Qui est concerné ?
Les opérateurs exerçant certaines activités numériques stratégiques, notamment les centres de données, les fournisseurs de services de confiance qualifiés, les hébergeurs d'applications, les services numériques essentiels et certaines plateformes.
Que faut-il faire ?
Vérifier si son activité figure dans la liste de l'article 15 et accomplir les formalités prévues.
Que faut-il éviter ?
Lancer une activité soumise à autorisation sans avoir obtenu le titre administratif requis.
Quel est le principal risque ?
Exercer une activité réglementée sans respecter les exigences administratives et techniques applicables.
Idée essentielle
Le Code du numérique réserve l'autorisation préalable aux activités présentant les enjeux les plus importants pour la sécurité, la confiance et le fonctionnement de l'écosystème numérique.
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