Après analyse du régime d'autorisation, le Code du numérique prévoit un mécanisme plus souple : la déclaration.
Contrairement à l'autorisation, la déclaration ne vise pas à empêcher l'exercice d'une activité tant qu'une décision favorable n'est pas rendue. Elle poursuit principalement un objectif de connaissance, de traçabilité et de régulation.
Le législateur distingue ainsi les activités présentant un risque élevé, soumises à autorisation, de celles qui nécessitent avant tout une identification par l'administration.
Les articles 17 et 18 sont aujourd'hui complétés par l'Arrêté ministériel n°CAB/MIN/ECONUM/AKIM/MLNS/ALM/005/2026 du 11 mars 2026, qui précise les modalités de déclaration et d'octroi des certificats d'agrément.
Sont soumis au régime de déclaration :
Un arrêté du Ministre ayant le numérique dans ses attributions complète la liste des activités et services numériques soumis au présent régime de déclaration, l’Autorité de Régulation du Numérique entendue par avis écrit.
La déclaration est faite auprès de l’Autorité de Régulation du Numérique qui tient un registre public.
L’Autorité de Régulation du Numérique prend acte de toute déclaration par la délivrance d’un certificat d’agrément et en informe le Ministre ayant le numérique dans ses attributions.
Le régime déclaratif ne dispense pas l'opérateur de toute formalité.
Au contraire, il lui impose :
Le régime déclaratif est donc moins exigeant que l'autorisation, mais il n'est pas purement déclaratif au sens où l'administration tient un registre officiel et délivre un document administratif.
Pour une startup congolaise développant une application mobile, l'une des premières questions de conformité sera donc de vérifier si son activité relève effectivement de ce régime.
Le régime de déclaration constitue une mesure de police administrative préventive.
Il permet à l'administration :
Le législateur poursuit plusieurs objectifs :
L'Arrêté ministériel n°005/2026 précise notamment :
Le Code confie cette compétence à l'Autorité de Régulation du Numérique (ARN).
Toutefois, dans le contexte de la mise en œuvre progressive des autorités prévues par le Code, les textes transitoires attribuent actuellement cette compétence à l'ARPTC. Cette situation résulte de l'arrêté d'harmonisation du 17 août 2024 et des arrêtés ministériels du 11 mars 2026.
Le Code ne définit pas précisément tous les critères permettant d'identifier une « application issue d'une startup congolaise ». Cette qualification devra être appréciée à la lumière du droit des startups, et des doctrinaires pouvant défendre leurs definitions de manière Technique et Juridique.
Les trois catégories visées par l'article 17 correspondent à des fonctions techniques bien identifiées.
Un serveur cache conserve temporairement des copies de contenus déjà consultés afin d'accélérer leur accès et de réduire la consommation de bande passante.
Le Code ne considère pas ces opérateurs comme de simples hébergeurs : ils exercent une activité numérique spécifique nécessitant une déclaration.
Un IXP est une infrastructure permettant à plusieurs fournisseurs d'accès Internet d'échanger directement leur trafic.
Cette interconnexion :
Le législateur semble avoir voulu instaurer un régime allégé afin de favoriser l'innovation locale tout en assurant une identification des développeurs.
Une startup congolaise développe une application de prise de rendez-vous médicaux destinée aux utilisateurs de Kinshasa.
L'entreprise doit-elle obtenir une autorisation préalable ?
Si l'activité relève des développeurs d'applications issues des startups congolaises au sens de l'article 17, elle est en principe soumise au régime de déclaration, et non au régime d'autorisation, sous réserve des textes réglementaires applicables et des caractéristiques particulières du service proposé.
La startup devrait :
Les articles 17 et 18 concernent principalement :
Les articles 17 et 18 ne prévoient pas eux-mêmes une liste détaillée de sanctions.
En revanche, l'Arrêté ministériel n°005/2026 organise :
Il convient de distinguer les sanctions issues des textes réglementaires de celles prévues directement par le Code.
Le régime de déclaration traduit une approche proportionnée de la régulation.
Il permet :
Cependant, plusieurs questions demeurent :
Le choix d'un certificat d'agrément montre également que la déclaration n'est pas une simple formalité informative, mais un véritable acte administratif.
Que prévoient les articles ?
Ils soumettent certaines activités numériques au régime de déclaration et organisent leur enregistrement auprès de l'autorité compétente.
Qui est concerné ?
Les fournisseurs de services de cache, les opérateurs de points d'échange Internet et les développeurs d'applications issues des startups congolaises, ainsi que les activités ajoutées par arrêté ministériel.
Que faut-il faire ?
Déclarer l'activité, obtenir un certificat d'agrément et respecter les obligations prévues par les textes d'application.
Que faut-il éviter ?
Supposer qu'une startup numérique est automatiquement dispensée de toute formalité administrative.
Quel est le principal risque ?
Exercer une activité relevant du régime déclaratif sans accomplir les formalités prévues.
Idée essentielle
Le régime de déclaration constitue un mécanisme de régulation plus souple que l'autorisation, mais il demeure une obligation juridique destinée à assurer la transparence et la traçabilité du secteur numérique.
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