Après avoir organisé les différents régimes administratifs (autorisation, déclaration et homologation), le Code du numérique change de perspective.
Il ne s'intéresse plus uniquement aux formalités administratives mais fixe les principes généraux qui doivent gouverner l'ensemble des activités et services numériques en République démocratique du Congo.
Ces principes jouent un rôle comparable aux grands principes du droit administratif ou du droit économique : ils servent de référence pour interpréter le Code, guider les autorités publiques et sécuriser les acteurs économiques.
Ils constituent également un fondement essentiel de la confiance des investisseurs et du développement de l'économie numérique.
Sans préjudice des dispositions particulières, les activités et services numériques s’exercent librement, dans le respect des dispositions légales et réglementaires applicables en République Démocratique du Congo. Ils sont soumis aux principes ci-après :
Les fournisseurs de services numériques jouissent des mêmes droits et sont soumis aux mêmes obligations conformément aux dispositions de la présente ordonnance-loi.
À l’exception de la libre concurrence et de la neutralité technologique, les principes visés à l’article 21 ci-dessus s’appliquent également à toute autorité administrative, notamment à l’Autorité de Régulation du Numérique, à l’Autorité de Certification Électronique et à l’Agence Nationale de Cyber sécurité.
Ces articles consacrent un principe simple :
En RDC, les activités numériques sont libres, mais cette liberté s'exerce dans un cadre juridique.
Autrement dit :
Mais toutes doivent respecter les principes fixés par le Code.
De la même manière, les autorités publiques ne peuvent pas traiter arbitrairement deux opérateurs placés dans une situation comparable.
L'article 21 pose la liberté d'exercer une activité numérique comme principe général.
Cette approche est cohérente avec la liberté d'entreprendre reconnue en droit congolais. Toutefois, cette liberté n'est pas absolue : elle demeure subordonnée au respect des lois, bonne moeurs et bonne pratiques .
1. Égalité de traitement : Les opérateurs placés dans des situations comparables doivent bénéficier d'un traitement identique.
2. Transparence : Les procédures administratives et les règles applicables doivent être suffisamment claires et accessibles.
3. Non-discrimination : Aucun opérateur ne peut être défavorisé sans justification objective prévue par le droit.
4. Libre concurrence : Le marché doit fonctionner dans des conditions permettant une concurrence loyale entre les acteurs.
5. Neutralité technologique : Le législateur ne privilégie pas une technologie particulière. Les obligations juridiques doivent pouvoir s'appliquer à différentes solutions techniques dès lors qu'elles offrent des garanties équivalentes.
L'article 22 présente une originalité importante.
Le Code n'impose pas uniquement ces principes aux entreprises ; il rappelle également que l'administration doit respecter plusieurs d'entre eux dans l'exercice de ses missions.
Cette disposition renforce les garanties offertes aux opérateurs économiques.
Ce que dit expressément la loi :
Incertitude
Le Code ne définit pas précisément la portée pratique de chacun de ces principes. Leur contenu sera progressivement précisé par les textes d'application, la pratique administrative et, à terme, la jurisprudence.
Le principe de neutralité technologique mérite une attention particulière.
Il signifie que la réglementation ne doit pas imposer une technologie déterminée lorsqu'il existe plusieurs solutions capables d'atteindre le même objectif.
Par exemple :
Cette approche favorise :
À l'inverse, une réglementation imposant une technologie unique risquerait de devenir rapidement obsolète.
Deux entreprises proposent des solutions différentes de signature électronique répondant aux mêmes exigences de sécurité.
L'administration peut-elle autoriser uniquement l'une d'elles au motif qu'elle utilise une technologie différente ?
Le principe de neutralité technologique invite précisément à éviter qu'une technologie soit privilégiée sans justification objective. Si deux solutions satisfont aux exigences juridiques et techniques applicables, le choix de l'administration devra être fondé sur des critères légaux et transparents, et non sur une préférence arbitraire pour une technologie particulière.
Les autorités devront motiver leurs décisions sur la base de critères objectifs prévus par les textes applicables.
Ces dispositions concernent :
Respecter les principes généraux du Code dans l'exercice de l'activité.
Mettre en place des procédures internes garantissant la transparence et l'égalité de traitement.
Pour les autorités publiques, veiller à motiver les décisions et appliquer les mêmes critères à des situations comparables.
Le choix du législateur est conforme aux standards de gouvernance numérique.
L'affirmation simultanée :
Toutefois, la portée réelle de ces principes dépendra :
Que prévoient les articles ?
Ils consacrent la liberté d'exercer des activités numériques tout en soumettant cette liberté à plusieurs principes fondamentaux.
Qui est concerné ?
Tous les fournisseurs de services numériques ainsi que plusieurs autorités administratives.
Que faut-il faire ?
Respecter les principes d'égalité, de transparence, de non-discrimination, de libre concurrence et de neutralité technologique.
Que faut-il éviter ?
Prendre des décisions arbitraires ou privilégier une technologie sans justification juridique.
Quel est le principal risque ?
Voir une décision ou une pratique remise en cause si elle méconnaît les principes généraux consacrés par le Code.
Idée essentielle
Le Code protège à la fois la liberté d'entreprendre et l'équité du marché numérique en consacrant des principes généraux applicables aux opérateurs et, pour certains d'entre eux, aux autorités administratives.
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